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 Question N° 56 : Quelles différences faites-vous entre la finance directe et la finance indirecte ?

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Anthony Robinet
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MessageSujet: Question N° 56 : Quelles différences faites-vous entre la finance directe et la finance indirecte ?   Dim 22 Jan - 17:46

Introduction :

La finance indirecte est le métier historique des banques par leur fonction d’intermédiation. Il s’agit par leurs intermédiaires, de récolter les dépôts des agents économiques ayant un excès de liquidité (apporteurs de capitaux) pour les transformer en ressources pour les agents ayant un besoin de financement (demandeurs de capitaux), ce faisant, elles corrigent les asymétries d’échéances et d’informations pour permettre à ces deux agents de se rencontrer plus facilement. Elles assurent de fait les risques de liquidité et de solvabilité.
La finance directe permet à ces mêmes agents de se rencontrer sans intermédiaire sur les marchés, au travers de l’échange de titres négociables (actions, obligations etc.).
En France, l’évolution du contexte économique notamment dans les années 80, à été marqué par une vague de changements structurels et d’innovation financières qualifiées de 3D (décloisonnement, désintermédiation et déréglementation) ce contexte à favoriser l’essors des marchés financiers et renforcé le rôle de la finance directe.
Finances directes et indirectes ont également une appropriation culturelle, puisqu’à l’inverse de la France, les pays Anglo-Saxons sont depuis de nombreuses années très appétant à ce système direct, qui représente environ 2/3 des financements.

Nous allons donc mettre en lumière les différences entre la finance directe et indirecte dans une première partie à travers l’analyse macro-économique puis dans une seconde partie par l’analyse micro-économique.


1. Analyse Macro-économique – Différences de fonctionnement :

a. Qui est concerné ? :

Qu’elle soit directe ou indirecte, la finance est la rencontre de plusieurs agents économiques.
Tout d’abord les agents en capacité de financement (apporteurs de capitaux).
Il s’agit des ménages et des entreprises au travers de l’épargne, qui peut être monétaire ou financière.

En parallèle, apparaissent les agents économiques en besoin de financement (demandeurs de capitaux).
On y retrouve les ménages, qui pour financer leur consommation peuvent avoir recours à l’autofinancement ou bien au prêts bancaires à court, moyen ou long terme.
Les entreprises sont également concernées puisque pour financer leur développement et leurs investissements elles peuvent également avoir recours à l’autofinancement, aux emprunts bancaires court, moyen ou long terme, à l’actionnariat ou à un équilibre des trois moyens.


b. Quelles sont les différences d’ordre macro-économique ?

Une première différence entre les deux finances se trouve dans le fonctionnement.
En effet, la finance directe nécessite l’intervention d’un intermédiaire (la banque) qui fait écran entre les deux agents apporteurs et demandeurs de capitaux.
La finance directe quant à elle, met en relation ces deux agents sur le marché des capitaux sans intermédiaire bancaire.

Une deuxième différence porte sur l’échéance, en effet, dans le cas de la finance indirecte, l’intermédiaire transforme l’échéance, c’est à dire qu’il garantit à l’épargnant de récupérer son dépôt à l’échéance souhaitée et à l’emprunteur de disposer de ce même dépôt durant une période plus longue ou plus courte (correction des asymétries d’échéance). Il assure ici le risque de liquidité.

Une troisième différence porte sur l’information, ou dans le cadre d’une finance indirecte la banque porte le risque de non remboursement pris sur la tête de l’emprunteur, elle se substitue à l’apporteur de capitaux. Elle évite ainsi à ce dernier de chercher par lui même le meilleur emprunteur possible, générant une économie de temps et d’argent. L’inverse est vrai également pour le demandeur de capitaux ou la banque lui dispense de chercher le meilleur prêteur. Il assure ici le risque de solvabilité.

Dans le cadre de la finance directe, ni l’agent apporteur de capitaux n’est garantit de pouvoir récupérer son capital, ni l’agent demandeur de capitaux n’est garantit de disposer de suffisamment de capital et de le conserver suffisamment longtemps pour répondre à ces besoins. En effet, aucun intermédiaire ne corrige les deux formes d’asymétries vues précédemment.

L’analyse de cette approche macro-économique nous amène à aborder maintenant les différences d’ordre micro-économique.


2. Analyse micro-économique : différence du couple rendement-risque :

a. Approche Risques encourus :

Comme nous l’avons vu précédemment dans le cadre de l’analyse macro-économique concernant les asymétries d’échéance et d’information, il est important de souligner que finance intermédiée permet également grâce à des mécanismes réglementaires de garantir aux déposant la restitution de leur épargne via des fonds de garantie.
Dans le cas de la finance directe c’est l’apporteur de capitaux qui supporte le risque en cas de perte sur les marchés financiers ou de défaillance de l’entreprise émettrice de titres. Il est donc exposé à l’absence de rémunération ou à la perte de son dépôt.

Pour l’emprunteur (demandeur de capitaux), le risque encouru est différent, il s’agit par exemple dans le cadre de l’actionnariat de voir une partie importante de ces investisseurs (apporteurs de capitaux), céder leurs titres rapidement (crack boursier).  Cela aurait pour impact de diminuer les fonds propres de l’entreprise, de ralentir sa croissance et d’entrainer une dévalorisation de ses titres.

b. Approche rendement :

Du point de vue micro-économique une autre différence concerne le rendement. En effet, comme nous l’avons vu, dans le cadre de la finance directe le risque est principalement supporté par l’apporteur de capitaux. Cependant, ce risque est récompensé par une espérance de gain supérieur à des services intermédié. Il s’agit d’offrir en contrepartie des risques pris une meilleure rémunération que celles proposées par les banques (dans le cadre des livrets, comptes à terme, etc.).


Conclusion :

Pour conclure, les principales différences entre la finance directe et la finance indirecte résident dans son fonctionnement, sa liquidité, son risque et son rendement.
L’essor des marchés financiers sur ces dernières décennies a entraîné une recrudescence de la finance directe avec l’émergence de nouveaux acteurs associés au shadow banking, offrant une réglementation moins contraignante et une accessibilité facilitée. Il sera alors intéressant de mesurer leur poids et leur évolution dans l’économie actuelle.
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Anthony Robinet
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Messages : 6
Date d'inscription : 16/01/2017

MessageSujet: Re: Question N° 56 : Quelles différences faites-vous entre la finance directe et la finance indirecte ?   Lun 30 Jan - 11:53

Quelques corrections et ajustement suite au dernier cours d'Eco.

Introduction :

La finance indirecte est le métier historique des banques par leur fonction d’intermédiation. Il s’agit par leurs intermédiaires, de récolter les dépôts des agents économiques ayant un excès de liquidité (apporteurs de capitaux) pour les transformer en ressources pour les agents ayant un besoin de financement (demandeurs de capitaux), ce faisant, elles corrigent les asymétries d’échéances et d’informations pour permettre à ces deux agents de se rencontrer plus facilement. Elles assurent de fait les risques de liquidité et de solvabilité.
La finance directe permet à ces mêmes agents de se rencontrer sans intermédiaire sur les marchés, au travers de l’échange de titres négociables (actions, obligations etc.).
En France, l’évolution du contexte économique notamment dans les années 80, à été marqué par une vague de changements structurels et d’innovation financières qualifiées de 3D (décloisonnement, désintermédiation et déréglementation) ce contexte à favoriser l’essors des marchés financiers et renforcé le rôle de la finance directe.
Finances directes et indirectes ont également une appropriation culturelle, puisqu’à l’inverse de la France, les pays Anglo-Saxons sont depuis de nombreuses années très appétant à ce système direct, qui représente environ 2/3 des financements.

Nous allons donc mettre en lumière les différences entre la finance directe et indirecte dans une première partie à travers l’analyse macro-économique puis dans une seconde partie par l’analyse micro-économique.


1. Analyse Macro-économique – Différences de fonctionnement :

a. Qui est concerné ? :

Qu’elle soit directe ou indirecte, la finance est la rencontre de plusieurs agents économiques.
Tout d’abord les agents en capacité de financement (apporteurs de capitaux).
Il s’agit des ménages et des entreprises au travers de l’épargne, qui peut être monétaire ou financière.

En parallèle, apparaissent les agents économiques en besoin de financement (demandeurs de capitaux).
On y retrouve les ménages, qui pour financer leur consommation peuvent avoir recours à l’autofinancement ou bien au prêts bancaires à court, moyen ou long terme.
Les entreprises sont également concernées puisque pour financer leur développement et leurs investissements elles peuvent également avoir recours à l’autofinancement, aux emprunts bancaires court, moyen ou long terme, à l’actionnariat ou à un équilibre des trois moyens.


b. Quelles sont les différences d’ordre macro-économique ?

Une première différence entre les deux finances se trouve dans le fonctionnement.
En effet, la finance directe nécessite l’intervention d’un intermédiaire (la banque) qui fait écran entre les deux agents apporteurs et demandeurs de capitaux.
La finance directe quant à elle, met en relation ces deux agents sur le marché des capitaux sans intermédiaire bancaire (se sont les opérations financières qui se font hors des bilans des banques ⇒ banques d’affaires, hedge funds, fonds de pension etc.).

Une deuxième différence porte sur l’échéance, en effet, dans le cas de la finance indirecte, l’intermédiaire transforme l’échéance, c’est à dire qu’il garantit à l’épargnant de récupérer son dépôt à l’échéance souhaitée et à l’emprunteur de disposer de ce même dépôt durant une période plus longue ou plus courte (correction des asymétries d’échéance). Il assure ici le risque de liquidité.

Une troisième différence porte sur l’information, ou dans le cadre d’une finance indirecte la banque porte le risque de non remboursement pris sur la tête de l’emprunteur, elle se substitue à l’apporteur de capitaux. Elle évite ainsi à ce dernier de chercher par lui même le meilleur emprunteur possible, générant une économie de temps et d’argent. L’inverse est vrai également pour le demandeur de capitaux ou la banque lui dispense de chercher le meilleur prêteur. Il assure ici le risque de solvabilité.

Dans le cadre de la finance directe, ni l’agent apporteur de capitaux n’est garantit de pouvoir récupérer son capital, ni l’agent demandeur de capitaux n’est garantit de disposer de suffisamment de capital et de le conserver suffisamment longtemps pour répondre à ces besoins. En effet, aucun intermédiaire ne corrige les deux formes d’asymétries vues précédemment.

L’analyse de cette approche macro-économique nous amène à aborder maintenant les différences d’ordre micro-économique.


2. Analyse micro-économique : différence du couple rendement-risque :

a. Approche Risques encourus :

Comme nous l’avons vu précédemment dans le cadre de l’analyse macro-économique concernant les asymétries d’échéance et d’information, il est important de souligner que la finance intermédiée permet également grâce à des mécanismes réglementaires de garantir aux déposant la restitution de leur épargne via des fonds de garantie.
Dans le cas de la finance directe c’est l’apporteur de capitaux qui supporte le risque en cas de perte sur les marchés financiers ou de défaillance de l’entreprise émettrice de titres. Il est donc exposé à l’absence de rémunération ou à la perte de son dépôt.

Pour l’emprunteur (demandeur de capitaux), le risque encouru est différent, il s’agit par exemple dans le cadre de l’actionnariat de voir une partie importante de ces investisseurs (apporteurs de capitaux), céder leurs titres rapidement (crack boursier). Cela aurait pour impact de diminuer les fonds propres de l’entreprise, de ralentir sa croissance et d’entrainer une dévalorisation de ses titres.

Autre risque non négligeable, la notion d’opacité de la finance directe. Devant l’absence d’une réglementation rigide il est difficile voir impossible de contrôler l’origine des fonds sur ce marché (blanchiment, terrorisme etc…).


b. Approche rendement :

Du point de vue micro-économique une autre différence concerne le rendement. En effet, comme nous l’avons vu, dans le cadre de la finance directe le risque est principalement supporté par l’apporteur de capitaux. Cependant, ce risque est récompensé par une espérance de gain supérieur à des services intermédiés (plus-values, dividendes). Il s’agit d’offrir en contrepartie des risques pris une meilleure rémunération que celles proposées par les banques (dans le cadre des livrets, comptes à terme, etc.).


Conclusion :

Pour conclure, les principales différences entre la finance directe et la finance indirecte résident dans son fonctionnement, sa liquidité, son risque et son rendement.
L’essor des marchés financiers sur ces dernières décennies a entraîné une recrudescence de la finance directe avec l’émergence de nouveaux acteurs associés au shadow banking (difficile à quantifié de part son opacité mais il reperésente plus de 80 000 milliards en 2014 soit 1 /4 des actifs financiers mondiaux et l’équivalent du PIB mondial annuel). Il offre en effet une réglementation moins contraignante et une accessibilité facilitée. Il sera alors intéressant de mesurer leurs poids et leurs évolutions dans l’économie actuelle, ou les banques (intérêt sociétal) et les régulateurs commencent déjà à s’y intéresser (réglementation du crowdfunding via l’AMF).
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