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 Question N° 59 : La politique budgétaire est-elle toujours pour les Etats un instrument de politique économique efficace ?

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Anthony Robinet
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Date d'inscription : 16/01/2017

MessageSujet: Question N° 59 : La politique budgétaire est-elle toujours pour les Etats un instrument de politique économique efficace ?   Sam 18 Mar - 16:12

Introduction :

La crise des années 30, le ralentissement de la production et l’accroissement du chômage, remettent en cause les politiques privilégiant l’offre, préconisées par les économistes classiques. Durant les années 30, Keynes introduit l’intérêt des dépenses budgétaires à travers une politique budgétaire expansionniste. Le rôle essentiel d’une telle politique est la relance de l’activité économique par la demande. La stimulation de l’économie par la demande est répandue par sa qualité instrumentale conduisant à une hausse des revenus par le mécanisme du multiplicateur.
Afin de mieux appréhender la politique budgétaire, nous définirons dans une première partie en quoi consiste ce concept, puis dans une seconde partie, nous mettrons en évidence les conséquences en terme d’avantages et de limites d’une telle politique.


1. En quoi consiste une politique Budgétaire ? :  

a. Définition par l’approche Keynésienne :

La politique budgétaire, composante de la politique économique, se définit par son moyen : le budget de l’Etat.
L’effet principal du budget se situe au niveau de la demande, qu’il s’agisse de l’importance et de la nature des dépenses, des recettes et du déficit (ou de l’excédent). Mais il influe aussi sur l’offre et sur les circuits de financement.
La politique budgétaire consiste à utiliser les variations de l’équilibre budgétaire de l’Etat pour atteindre certains objectifs.
Pour Keynes, l’utilisation du déficit budgétaire pouvait influencer la demande des agents économiques (consommation des ménages, investissement des entreprises) et empêcher la spirale de la dépression (diminution importante et durable de la production et de la consommation).
La politique budgétaire constitue un instrument de régulation privilégié et un déficit n’est pas nécessairement néfaste à l’économie.


b. La mise en pratique par l’Etat :

L’intervention de l’Etat en vue de remédier à une crise via la relance de l’économie si la croissance faiblit ou disparaît permet de relancer et favoriser la demande de diverses manières. En premier lieu par des mesures sociales car le revenu joue chez Keynes un rôle de régulateur et un minimum de redistribution sociales permet d’entretenir une consommation des ménages les plus défavoriser.

Par ailleurs, en cas de conjoncture difficiles, l’Etat va chercher à favoriser la relance par des taux d’intérêts faibles ou bien par des investissements de l’Etat financés par le déficit budgétaire (politique de grands travaux).

Ces dépenses entraînent du travail et des revenus qui sont à court terme aptes à relancer l’économie et à permettre un retour vers la croissance et le plein emploi. Ces méthodes de relance on été utilisées pour tenter de sortir de la dépression des années 30, puis pour relancer l’économie après la guerre jusqu’à la stagflations (stagnation de l’économie, avec inflation) des années 1970.

Les conséquences de ces différents mécanismes, présentent de réels avantages dans la mise en place d’une politique économique, cependant des effets pervers peuvent apparaître et démontrent certaines limites dans l’utilisation d’une politique budgétaire. Nous allons ainsi aborder ces différents sujets dans une seconde partie.


2. Conséquences : Avantages et limites d’une politique budgétaire :

a. Avantages et intérêts de la politique budgétaire :

Ce qui est prélevé sur l’économie par l’intermédiaire du budget de l’Etat ne disparaît pas du circuit économique, en effet, les sommes prélevées par l’Etat reviennent ensuite aux ménages et aux entreprises.
• Les ménages reçoivent des rémunérations, des pensions et des subventions de caractère social et culturel.
• Les entreprises bénéficient de subventions, de commande de matériel, d’investissement, d’achats divers.

L’économie Keynésienne est essentiellement une économie de croissance car Keynes tient compte du facteur humain et utilise la psychologie des acteurs économiques (propension à consommer, à épargner) pour expliquer les mécanismes économiques.

En cas de forte dégradation de la conjoncture économique, les gouvernements peuvent être tenté de mener une politique budgétaire volontariste qui consiste à soutenir l’économie à court terme en faisant jouer le multiplicateur keynésien. Ce mécanisme macroéconomique permet de compenser la faiblesse des dépenses privées par un accroissement des dépenses publiques. En effet, une augmentation des dépenses publiques engendre des revenus supplémentaires qui sont pour partie consommés, pour partie épargné et pour partie récupérés par les administrations publiques sous forme d’impôts et de cotisations sociales.
La partie de ces revenus supplémentaires qui est consommée vient nourrir la demande intérieure adressée aux entreprises, qui peuvent dès lors augmenter leurs investissements, leurs emplois et distribuer des revenus supplémentaires. Ainsi, le surcroît de dépenses publiques provoque un effet cumulatif multiplicateur qui stimule d’autant plus l’activité économique que les revenus sont peu épargnés, peu imposés et que la demande de consommation s’adresse principalement aux entreprises nationales.


b. Les limites de la politique budgétaire :

Malgré tout, des limites apparaissent dans l’utilisation de la politique budgétaire volontariste, elle est souvent critiquée pour ses effets négatifs sur l’activité économique.
Elle nécessite notamment des besoins de financement liés à l’accroissement des dépenses publiques, ainsi une hausse des emprunts d’Etat adressés au marché des capitaux génère une hausse des taux d’intérêts pour les agents économiques ayant recours à l’emprunt, décourageant ainsi ménages et entreprises d’y avoir recours.

De plus, la demande supplémentaire permise par l’augmentation des dépenses publiques doit s’adresser en priorité aux producteurs nationaux, cependant la mondialisation et l’ouverture croissante des économies font que l’effet multiplicateur keynésien s’est réduit et profite d’avantage aux producteurs étrangers.

Autres limites, l’accumulation des déficits budgétaires vient gonfler la dette publique et augmente les charges futures de l’Etat. Et plus l’Etat est endetté, plus la charge de cette dette est élevée. Celles-ci pèse d’autant plus sur son budget qu’un niveau de dette important entraîne des taux d’intérêts élevés lorsque l’Etat veut contracter de nouveaux emprunt, on parle du poids de la dette face au niveau des recettes de l’Etat.

Enfin, en théorie, les politiques budgétaires nationales demeurent le principal instrument pour faire face à des chocs économiques ponctuels, car les gouvernements nationaux ne peuvent plus recourir à la politique monétaire pour influer sur les variations de la conjoncture économique dans le cadre de l’Union Economique et Monétaire (UEM).
Mais, en réalité les contraintes fixées par le traité de Maastricht et le pacte de stabilité et de croissance limitent l’utilisation de la politique budgétaire, en fixant un seuil maximal de déficit des Etats à 3 % du PIB en cas de ralentissement de la croissance.
Cette mesure se justifie par la volonté d’éviter qu’un pays fasse porter les effets négatifs de sa politique budgétaire (hausse des taux d’intérêts et du taux de change de l’euro) sur l’ensemble des pays de l’UEM.

Conclusion :

Pour les Keynésiens, la politique budgétaire constitue un instrument de régulation privilégié et un déficit n’est pas nécessairement néfaste. A la différence des économistes libéraux qui privilégient la politique monétaire et préconise une intervention faible de l’Etat par une compression des recettes fiscales, des dépenses et du déficit.

La politique budgétaire présente des avantages indéniables mais doit être maîtrisée et en adéquation avec un niveau de déficit  acceptable et non contraignant sur la durée.
Elle ne présente en ce sens pas toujours un instrument de politique économique efficace et la recherche d’une complémentarité et d’un équilibre avec la politique monétaire (Policy mix) menée par banques centrales semble d’avantage pertinente.
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