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 Question 18 : Peut-on considérer la microfinance comme une activité concurrentielle ou complémentaire des banques? Pourquoi?

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Vanessa Brunet
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Date d'inscription : 19/01/2017

MessageSujet: Question 18 : Peut-on considérer la microfinance comme une activité concurrentielle ou complémentaire des banques? Pourquoi?   Lun 13 Mar - 10:33

Introduction : Les banques et les institutions de microfinance (IMF) sont deux catégories d’institutions d’essences différentes, mais qui, souvent, se dévouent pour le même objectif : collecter l’épargne des agents excédentaires pour les besoins de financement de projets jugés rentables. Généralement, ces deux types d’institutions n’ont pas la même stratégie de localisation, la même technologie de production et ne proposent pas exactement les mêmes types de produits ou de services. Elles n’ont pas entièrement la même cible de clientèle et ne sont pas toujours soumises à la même réglementation bancaire. La microfinance est généralement définie comme l’offre de services financiers au profit des populations démunies, ayant peu ou pas accès aux services des institutions financières classiques. En comparaison avec l’activité bancaire, la microfinance se particularise par l’échelle réduite de ses opérations, l’aspect temporaire de ses contrats, les mécanismes novateurs utilisés dans la sélection et la surveillance des projets. Aussi, si les banques fonctionnent suivant une logique financière de rentabilité, les IMF, quant à elles, poursuivent une double mission, sociale et financière. Nous verrons donc dans un premier temps la relation complémentaire entre ces deux secteurs et ensuite la concurrence qui peut intervenir.


I. En quoi est-ce complémentaire
La complémentarité se caractérise par les différents partenariats développés entre les banques et les IMF (voie indirecte), notamment lors de la phase de consolidation des IMF.

1. Objectifs des partenariats
Une façon pour les banques de s'impliquer en microfinance, sans s'exposer directement aux risques, consiste, à développer des relations de partenariat avec les IMF déjà en place sur le marché. Aussi une façon pour une IMF de s'automatiser, de se viabiliser et d'acquérir des ressources longues pour son développement futur consiste à nouer des relations de partenariats avec le secteur bancaire. Cette voie indirecte exhibe une marque de complémentarité, dans la mesure où chaque institution dispose d'un avantage comparatif dans la production de son bien de référence. Les IMF par ces relations de partenariat peuvent réduire leurs frais et développer leurs clientèles, alors que les banques par-là, peuvent profiter des possibilités qui leurs sont offertes d'accéder à de nouveau marché ; de diversifier leurs actifs et d'accroître leurs recettes.

2. Trois types de partenariat
- Le partenariat institutionnel : parrainage, subventionnement, apport d’expertise. La banque reconnue comme mécène de la microfinance sans exposer son image de marque.
- Le partenariat technique : prestation de services de la banque au profit de l’IMF comme la formation, l’audit, le contrôle, les infrastructures.
- Le partenariat financier : placement de l’excédent d’épargne des IMF en banque ou partenariat de refinancement des IMF.
Ex : Société Générale, BNP


II. Concurrentiel
Interpénétrations directes entre les deux secteurs (voie directe), notamment lors de la phase terminale de développement des IMF.

1. L’entrée directe des banques en microfinance : le « downscaling »
La banque trouve dans ce secteur des opportunités de marché dont elle désire s’accaparer en dépit de la concurrence qui peut en découler avec les institutions de microfinance en place. Cela se traduit par une descente en gamme de clientèle dans le but d’atteindre une niche de clientèle à revenus plus faibles.
- Création d'une unité interne spécialisée en microfinance. Avantages : sa mise en œuvre ne nécessite pas la sollicitation d'un agrément + coûts de mise en œuvre faibles
Inconvénients : besoin de personnel qualifié en microfinance, tensions interpersonnelles, absence de gouvernance.
- Création d'une filiale financière spécialisée en microfinance. Avantages : gouvernance distincte + moins de risque pour la réputation pour la banque.
Inconvénients : demande d'agrément auprès des autorités bancaires = exigence de fonds propres.
- Création d'une société de services en microfinance
Ex : Caisse d’Epargne, Banque Postale, Crédit Mutuel

2. L’incursion des IMF dans le système financier : le « upscaling »
L'entrée directe des IMF dans le secteur bancaire est le fait des IMF qui montent en gamme de clientèle dans le but d'atteindre une niche de clientèle plus aisé. Il s'agit particulièrement d'IMF suffisamment mature et d'un niveau de rentabilité assez élevé, qui se sentent aptes à se glisser dans le système financier formel et à entrer en compétition directe avec les banques traditionnelles. En s’adressant à une clientèle plus aisée, l’IMF est contrainte d’adopter son offre à la demande de celle-ci, ainsi, lorsque l’activité de la clientèle se développe, leurs besoins en financement s’accroissent et donc le montant des crédits. A partir de ce moment, le besoin en ressource longue et peu coûteuse se fait sentir et emmène souvent l'IMF à changer de statut en sollicitant un agrément bancaire. L'agrément bancaire lui confère le pouvoir d'accéder au marché des capitaux et de mobiliser les dépôts aussi bien des gros investisseurs institutionnels que des clients pauvres. Cependant, l'entrée dans le système financier formel ne peut être le fait de toutes institutions désireuses d'accéder aux ressources du marché. En réalité, l'obtention d'un agrément bancaire requiert au préalable certaines conditions contraignantes telle que la rentabilité, la viabilité institutionnelle et financière.


Conclusion :
Pour conclure, les établissements bancaires institutionnels et les instituts de microfinance exercent bien des activités concurrentielles dans le sens où elles ont pour activité principale l’intermédiation bancaire.
Cependant, les IMF, de par leurs structures et leurs activités apparaissent, à ce jour, plus comme des institutions complémentaires aux établissements bancaires classiques permettant ainsi de lutter contre l’exclusion bancaire et sociale et d’élargir le périmètre du financement de l’économie. Le modèle traditionnel des services bancaires reste malgré tout la norme universelle qui répond aux besoins de la majorité des habitants et génère un PNB direct aux établissements de crédit tout en limitant leur coût du risque. Il reste, bien entendu, l’incertitude concernant la législation qui pourrait obliger les banques à s'adapter et renforcer la lutte contre l'exclusion bancaire.
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