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 QUESTIONS 53 La politique monétaire de la BCE peut‐elle infléchir les politiques économiques nationales ?

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isa
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MessageSujet: QUESTIONS 53 La politique monétaire de la BCE peut‐elle infléchir les politiques économiques nationales ?   Dim 5 Mar - 19:26

Question 53 La politique monétaire de la BCE peut‐elle infléchir les politiques économiques nationales ?


Introduction :
La BCE, créée en 1998, définit et met en œuvre la politique monétaire à mener dans les pays de la
zone euro.
L’objectif principal de la politique monétaire de la BCE est de maintenir la stabilité des prix, c’est‐à‐dire maîtriser l’inflation pour qu’elle tourne autour de 2%.
La politique monétaire désigne les mesures mises en œuvre pour influencer le niveau de l’activité économique grâce à la régulation de la quantité de monnaie
Différents objectifs peuvent être visés, celui de la politique monétaire de la zone euro est le maintien de la stabilité des prix (USA c’est le chômage). La stabilité des prix est considérée comme importante au sein de la zone euro parce qu’elle contribue de manière significative au bien bien-être général et à un niveau élevé d’activité économique et d’emploi.
Ainsi la stabilité des prix facilite l’atteinte des objectifs économiques généraux.

Le sujet de son influence sur l’évolution des politiques économiques nationales nécessite de revenir sur la définition de la politique monétaire de la BCE, et de montrer les liens qui existent entre la politique monétaire de la BCE et les politiques économiques nationales.
Dans un premier temps nous rappellerons les fondamentaux de la politique monétaire de la BCE et sa mise en œuvre puis nous aborderons les conséquences sur les politiques nationales.

1 / Les fondamentaux sur la politique monétaire de la BCE

Premier pilier de la stratégie monétaire: l’analyse économique
L’analyse économique évalue les facteurs déterminant à court et à moyen terme l’évolution des prix. L’accent est mis sur les activités réelles et les conditions financières de l’économie. L’analyse économique tient compte du fait que l’évolution des prix à ces horizons est largement influencée par l’interaction entre l’offre et la demande sur les marchés des biens, des services et des facteurs de production. À cet effet, la BCE examine régulièrement, entre autres, les évolutions globales de la production, de la demande et de la situation sur le marché du travail, une large gamme d’indicateurs de prix et de coûts, la politique budgétaire, la balance des paiements de la zone euro et les prix des actifs
Second pilier de la stratégie monétaire: l’analyse monétaire
L’analyse monétaire s’appuie sur le lien à long terme entre la quantité de monnaie en circulation et les prix et sert principalement à vérifier par recoupement les indications à court et à moyen terme pour la politique monétaire provenant de l’analyse économique. L’analyse monétaire consiste en une analyse détaillée des évolutions de la monnaie et du crédit en vue d’évaluer leurs implications pour la future inflation et la croissance économique.

Mise en œuvre de la politique monétaire: instruments et procédures
En fixant les taux d’intérêt auxquels les banques commerciales peuvent se refinancer auprès de la banque centrale, la politique monétaire de la BCE influe indirectement sur les taux d’intérêt pratiqués dans l’ensemble de l’économie de la zone euro, notamment sur les taux rémunérant les prêts accordés par les banques commerciales et ceux rémunérant les dépôts des épargnants. Pour concrétiser sa politique monétaire, la BCE dispose d’une série d’instruments.
Opérations d’open market
Les opérations d’open market jouent un rôle important pour le pilotage des taux d’intérêt, la gestion de la liquidité bancaire et pour indiquer l’orientation de la politique monétaire. Les opérations régulières d’open market de l’Eurosystème consistent en des opérations d’apport de liquidités en euros à échéance d’une semaine (opération principale de refinancement ou OPR) et en opérations d’apport de liquidités en euros à échéance de trois mois (opérations de refinancement à plus long terme ou ORLT). Les OPR servent à piloter les taux d’intérêt à court terme, à gérer la liquidité bancaire et à indiquer l’orientation de la politique monétaire dans la zone euro, tandis que les ORLT fournissent un refinancement supplémentaire, à plus long terme, au secteur financier.
Les opérations moins régulières d’open market sont les opérations de réglage fin et les opérations structurelles. Les opérations de réglage fin ont pour but de faire face aux fluctuations inattendues de la liquidité bancaire sur le marché, notamment pour en atténuer l’incidence sur les taux d’intérêt, tandis que les opérations structurelles visent principalement à adapter en permanence la position structurelle de l’Eurosystème par rapport au secteur financier.

Facilités permanentes
Les facilités permanentes permettent de fournir ou de retirer des liquidités au jour le jour et l’indice TEMPE (taux euro moyen pondéré de la zone euro au jour le jour) mesure le taux d’intérêt effectif prévalant sur le marché interbancaire au jour le jour en euros. L’Eurosystème offre deux facilités permanentes aux établissements de crédit: la facilité de prêt marginal, qui permet d’obtenir des liquidités au jour le jour auprès de la banque centrale, sur présentation d’actifs éligibles en quantité suffisante, et la facilité de dépôt, pour effectuer des dépôts au jour le jour auprès de la banque centrale.
Constitution de réserves obligatoires
La BCE est habilitée à imposer aux établissements de crédit établis dans les États membres la constitution de réserves obligatoires auprès d’elle et auprès des banques centrales nationales. L’objectif des réserves obligatoires est de stabiliser les taux d’intérêt à court terme sur le marché et de créer (ou d’accentuer) un besoin structurel de refinancement du système bancaire à l’intérieur de l’Eurosystème, de manière à faciliter le pilotage des taux sur le marché monétaire par des opérations régulières d’injection de liquidités. Les modalités de calcul et la détermination du montant exigé sont fixées par le conseil des gouverneurs.
B- Les effets de la politique monétaire sur les économies nationales

- En temps normal
Les agents économiques sont confrontés à des besoins de financement pour consommer et investir. Les conditions auxquelles ces agents pourront trouver leur financement sont fixées via la politique monétaire. Celle-ci exerce des effets sur l'activité et le comportement des agents économiques à travers quatre canaux de transmission : le taux d'intérêt, le crédit, l'effet de richesse et le taux de change.
Le taux d’intérêt : lorsque la banque centrale augmente ou diminue ses taux directeurs, le coût du crédit augmente ou diminue. En rendant le coût du capital moins cher, la baisse des taux d'intérêt dynamise l'investissement des entreprises et la consommation des ménages.
Le crédit : en rendant l'accès au crédit plus ou moins facile et plus ou moins coûteux, la politique monétaire agit sur l'offre et la demande de biens et de services. Durant la crise financière de 2007-2008, ce canal a mal fonctionné dans les pays touchés par la crise, entraînant un "crédit crunch". Le crédit crunch désigne un phénomène selon lequel les banques rationnent quantitativement leur offre de crédit, quel que soit le taux auquel l’emprunteur est prêt à prendre le crédit. Le crédit crunch est difficile à appréhender et à gérer pour les autorités monétaires.
L'effet de richesse traduit la variation de la demande consécutive à la variation de la valeur du patrimoine des agents économiques. Lorsque les patrimoines enregistrent des moins-values, cela incite les agents économiques à consommer moins et à épargner plus. Inversement, lorsque les patrimoines enregistrent des plus-values, cela les incite à consommer plus et à épargner moins.
Le taux de change : les fluctuations des taux de change ont une influence directe sur les coûts des importations et des exportations. Une baisse du taux de change renchérit les importations et peut stimuler les exportations en diminuant leurs prix.

- En temps de crise
Depuis 2008, du fait d’une situation de crise, le canal du crédit et le canal du taux d’intérêt fonctionnent mal. Pour éviter le blocage de ces deux canaux essentiels au financement de l’économie, la BCE a mis en œuvre une politique non conventionnelle. Trois mesures ont été prises : augmenter massivement la quantité de monnaie fournie aux banques, maintenir des taux directeurs faibles et acheter des titres aux banques (y compris les titres de mauvaise qualité). La BCE endosse le rôle de « prêteur de dernier ressort », cette fois vis-à-vis d'États membres incapables d'écouler leurs titres de dette souveraine sur les marchés. Le programme OMT, par exemple, prévoit le rachat d'obligations souveraines par la BCE en quantité illimitée, et son activation est réservée aux seuls États faisant l'objet d'un programme d’assistance financière. Vis-à-vis des États débiteurs, la BCE est en position de force : en conditionnant le rachat de dette à l'activation d'un programme d'assistance financière, et en faisant en même temps partie de l'organe chargé d'élaborer et d'évaluer la mise en œuvre de ce programme (la troïka), elle est en mesure d'influencer considérablement les politiques budgétaires et structurelles des États membres bénéficiaires.


Conclusion
Tout en reconnaissant le sérieux des analyses faites par la BCE, il faut admettre que de nombreux effets sont mitigés
Le fait, que les taux d'intérêt soient très faibles a plusieurs effets ¬pervers : des investissements non rentables sont cependant réalisés ; des entreprises inefficaces arrivent à survivre et ne sont pas remplacées par des entreprises plus efficaces ; les banques ont une rentabilité faible, ce qui, à terme, affaiblira leurs fonds propres et leur capacité à prêter.
Le maintien durable du «quanti¬tative easing»,  peut générer deux dangers : pousser les Etats à ne pas corriger leurs finances publiques, à laisser augmenter leur dette publique, puisque les taux d'intérêt sont très faibles ; ¬conduire à une irréversibilité du « quantitative easing ». Si les taux d'intérêt à long terme ont été longtemps très faibles, et s'ils remontent, d'une part la solvabilité des Etats peut être menacée, d'autre part les pertes en ¬capital pour les investisseurs (les ¬assureurs-vie, par exemple) sont considérables, car ils détiennent des portefeuilles d'obligations entièrement achetés avec des taux d'intérêt très faibles. Désormais, l'effet net du «quanti¬tative easing» devient négatif, et, quoi que dise la BCE, il faut l'arrêter.
En conclusion : on peut donc dire que les objectifs et les mécanismes de la BCE dans la conduite de la politique monétaire influent sur les politiques économiques nationales. Cependant cette politique monétaire au regard de l’actualité n’est plus suffisante et les pays doivent conduire en parallèle des politiques de relance, de soutien à la fois structurelle et conjoncturelle. La gestion de la quantité de monnaie en circulation n’en reste pas moins un outil indispensable et l’effet d’annonce des taux directeurs est toujours un moyen d’influer sur les décisions des différents pays de l’UE.
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